La chirurgie de la stimulation cérébrale profonde – INCR

La chirurgie de la stimulation cérébrale profonde

Mis en ligne le 25 novembre 2012

La stimulation cérébrale profonde est une technique chirurgicale qui consiste à implanter des électrodes dans certaines zones du cerveau (dites «cibles») pour traiter les symptômes de maladies neuro-dégénératives ou psychiatriques quand les traitements médicamenteux deviennent inefficaces. Les électrodes sont reliées par un câble à un boîtier de stimulation placé sous la peau, en général sous la clavicule.

Les électrodes génèrent des impulsions électriques brèves et rapprochées capables d'influencer le fonctionnement de la zone cible. La procédure d'implantation fait appel à une technique appelée stéréotaxie. C'est une technique de repérage radiologique (par IRM et scanner cérébraux) permettant de cibler avec précision des structures intra crâniennes au moyen d'un cadre externe fixé (provisoirement) au crâne. La zone cible est un noyau cérébral qui peut être le noyau subthalamique, le pallidum médial ou le noyau ventro-latéral du thalamus (partie caudale). La stimulation électrique de cette zone a pour but de diminuer les symptômes gênants de la maladie en cause.

Les principales applications validées de la stimulation cérébrale profonde sont ; la maladie de Parkinson, les tremblements essentiels et certains tremblements non essentiels, les dystonies héréditaires ou acquises et certaines formes d'épilepsie.

Les applications en cours de validation ou expérimentales sont : les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), le syndrome de Gilles de la Tourette, la dépression sévère.

La technique de stimulation cérébrale profonde n'est proposée que si le traitement médicamenteux n'a pas ou n'a plus une efficacité satisfaisante, et ce quelque soit la maladie traitée.

Comme toute chirurgie, la stimulation cérébrale profonde comporte des risques généraux (liés aux méthodes chirurgicales) et des risques spécifiques (liés aux particularités techniques).

Les risques généraux sont : les risques liés à l'anesthésie générale, le risque infectieux, le risque hémorragique (hématome intra cérébral), la douleur post opératoire.

Les risques spécifiques sont : les troubles de l'humeur, les troubles cognitifs, les troubles moteurs, les troubles sensitifs.

Pour déterminer l'indication d'une stimulation cérébrale profonde chez un patient donné, un premier rendez vous avec un neurologue du CHU de Pontchaillou à Rennes doit être pris. C'est au cours de ce rendez vous que le neurologue peut programmer une hospitalisation en neurologie d'une semaine en moyenne pour réaliser un bilan pré-chirurgical adapté à la pathologie du patient. Durant cette hospitalisation, seront réalisés :
- un bilan clinique pour mesurer les signes de la maladie, pour connaitre la réponse de ces signes aux médicaments, et éventuellement pour adapter le traitement,
- un bilan neuropsychologique pour tester le fonctionnement intellectuel et émotionnel,
- un bilan psychiatrique pour éliminer une contre-indication à la chirurgie,
- une imagerie par résonance magnétique (IRM) pour rechercher des anomalies.

Grâce à ce bilan, les neurologues et les neurochirurgiens discuteront ensemble pour savoir s'ils peuvent proposer une stimulation cérébrale profonde et dans quelle structure du cerveau le neurochirurgien va poser l'électrode. En effet, chaque structure cérébrale ou noyau visé peut traiter différemment les signes de la maladie, voir entrainer des effets secondaires.

Il est important que le patient soit adressé le plus tôt possible au neurologue du CHU afin d'éviter une maladie trop avancée entrainant un déclin cognitif, des signes non dopamino-sensibles en cas de maladie de Parkinson, une atrophie cortico-sous-corticale importante à l'IRM, le tout contre-indiquant la chirurgie de la stimulation cérébrale profonde.