Parkinson : Première journée nationale sur les dernières avancées dans la prise en charge médicamenteuse – INCR

Parkinson : Première journée nationale sur les dernières avancées dans la prise en charge médicamenteuse

Mis en ligne le 1 septembre 2014

Le laboratoire français Aguettant et l’INCR associent leurs expertises et lancent les « Aguettant Parkinson Days ». Deux fois par an, dès novembre 2014, les « Aguettant Parkinson Days » rassembleront une trentaine de neurologues qui souhaitent s’informer sur les dernières avancées dans la prise en charge médicamenteuse de leurs patients au stade avancé de la maladie de Parkinson. Ces journées aborderont de façon pratique la stimulation dopaminergique et les différentes options thérapeutiques dont l’apomorphine.


Dimanche 14 avril 2013. Le jingle d’une émission diffusée sur France 2 est lancé. Au sommaire, un témoignage. Celui d’Anne Arthus-Bertrand, l’épouse du photographe. Elle raconte la maladie dont elle souffre depuis de longues années, la maladie de Parkinson. Et elle raconte qu’il y a quelques mois elle a reçu un nouveau traitement qui, dit-elle, « a changé ma vie ».

Ce traitement c’est la pose d’une pompe à apomorphine. Et, à l’initiative de cette prescription, le professeur Marc Vérin, neurologue spécialiste de la maladie de Parkinson et chef du service de neurologie du CHU de Rennes (interview à lire ci-dessous).

Le lendemain de l’émission de France 2 c’est une avalanche d’appels téléphoniques. A l’association France Parkinson et au standard d’un laboratoire français, le laboratoire Aguettant. En effet, spécialiste des médicaments injectables utilisés en milieu hospitalier, Aguettant fabrique et commercialise le stylo injecteur et les ampoules d’apomorphine pour perfusion continue. Il a été le premier laboratoire à obtenir l’AMM pour l’apomorphine injectable en tant qu’agoniste dopaminergique en 1991. Et, en 1999, Aguettant a été lauréat du prix Pharmapak pour le stylo injecteur.

Le Laboratoire est convaincu que l’amélioration de la prise en charge des patients parkinsoniens repose sur une meilleure coordination des soins entre ville et hôpital. En partenariat avec l’INCR, Aguettant a décidé de lancer les « Aguettant Parkinson Days » (APD), premières journées nationales d’information, de partage d’expérience, d’approfondissement des connaissances et d’échanges de pratiques sur la maladie de Parkinson.

Les APD ont pour vocation de réunir des neurologues de ville et hospitaliers afin de communiquer sur les plus récentes actualités dans la prise en charge du patient à la phase évoluée de la maladie où apparaissent les premières fluctuations. Sur une journée, le programme aborde toutes les phases de la pathologie et plus particulièrement le stade où surviennent les complications motrices de la maladie, la prise en charge des patients, l’éducation thérapeutique, les stratégies et l’arsenal des traitements médicamenteux.

La première journée du jeudi 13 Novembre 2014 est animée par le Professeur Marc Vérin, le Docteur Sophie Drapier, praticien hospitalier (service de neurologie du CHU de Rennes) et le Docteur Stéphanie Bannier, praticien hospitalier (service de neurologie du CH de Bayonne).

 

Interview du Professeur Marc Vérin :

Le Professeur Marc Vérin est spécialiste de la maladie de Parkinson. Il est Chef du service de neurologie du CHU de Rennes, Directeur de l’unité de recherche « Comportement et noyaux gris centraux » et cofondateur de l’INCR.

INCR : Professeur, qu’est-ce qui a changé, aujourd’hui, dans l’approche thérapeutique de la maladie de Parkinson ?

Professeur Marc Vérin : Longtemps demeurée contemplative, faute de thérapeutiques réellement efficientes, la neurologie est désormais résolument interventionnelle, au grand bénéfice des patients qui sont traités plus précocement et plus efficacement. Ce mouvement, poussé par le progrès fulgurant des neurosciences, modifie la pratique des neurologues face à la majorité des grands mécanismes physiopathologiques, tant vasculaires qu’inflammatoires et dégénératifs. Les pathologies extrapyramidales, au premier rang desquelles la maladie de Parkinson, sont pleinement bénéficiaires de cette révolution des pratiques.

INCR : Précisément, pour la maladie de Parkinson, de quelle révolution parlez-vous ?

Professeur Marc Vérin : Parmi les thérapeutiques, la pompe à apomorphine est emblématique de cette nouvelle neurologie décomplexée. Elle valide le concept de stimulation dopaminergique continue pour contrôler les fluctuations motrices et non motrices de la maladie de Parkinson, et son bénéfice est bien supérieur à celui des traitements oraux. En outre, l’utilisation large de l’apomorphine ces dernières années en Europe permet d’en mieux cerner l’intérêt. Les résultats d’une récente étude menée en France chez 140 patients bénéficiant d’une pompe à apomorphine, suivis de manière exhaustive durant six mois, tant sur le plan des effets moteurs et non moteurs que sur la qualité de vie, confirment l’efficacité de la perfusion continue d’apomorphine.

INCR : Mais l’apomorphine ne suscite t’elle pas encore des craintes ?

Professeur Marc Vérin : C’est juste, mais cette étude contribue également à briser nombre de clichés se rapportant à cette molécule. Ce n’est pas un agoniste dopaminergique analogue aux agonistes per os ou en patch. Elle a de fait un profil d’efficacité et de tolérance quasi superposable à celui de la L-Dopa. Elle n’induit pas plus d’hallucinations ni de troubles du contrôle de l’impulsivité que la L-Dopa elle-même. Elle est donc utilisable chez les sujets âgés, y compris lorsqu’il existe un déclin cognitif, mais également chez les sujets jeunes à plus forte dose, pour parvenir chez eux au concept de monothérapie par pompe autorisant un excellent contrôle des fluctuations et des dyskinésies. C’est ainsi que l’image ancienne de la pompe à apomorphine réservée aux patients très évolués et contre-indiqués à la stimulation cérébrale profonde est désormais battue en brèche.

INCR : La mise en œuvre de ce traitement a t’il aussi progressé ?

Professeur Marc Vérin : En effet plusieurs facteurs contribuent ensemble à son renouveau ces dernières années et à l’extension de son utilisation : l’amélioration de l’ergonomie et de la praticité du stylo injecteur, le perfectionnement technique intéressant la pompe et les cathéters, la prise en charge des patients par des sociétés de services à même d’assurer le soutien logistique au domicile et la coordination avec les praticiens mais aussi et surtout la motivation et la maîtrise des équipes soignantes face à cette thérapeutique.

INCR : Quel sera votre principal objectif en animant les réunions scientifiques « Aguettant Parkinson Days » ?

Professeur Marc Vérin : Les principaux objectifs de la journée d’information des « Aguettant Parkinson Days » sont de donner aux neurologues toutes les informations médicales et pratiques pour adopter l’option thérapeutique la mieux adaptée à chaque patient. En informant sur les dernières actualités et en permettant aux praticiens de pouvoir introduire et suivre efficacement en toute sécurité un patient sous stylo ou pompe à apomorphine, les APD s’inscrivent dans une logique de fond : améliorer la qualité de vie des patients souffrant de la maladie de Parkinson.

 

Contact INCR et renseignements : Alain Moy - 06 86 46 22 54

Pour en savoir plus :
- Téléchargez la plaquette des Aguettant Parkinson Days
- www.aguettant.fr

L'équipe Parkinson du CHU de Rennes : de gauche à droite, Docteur Sophie Drapier, neurologue, Mmes Brigitte Gallien, Stéphanie Lebret, Véronique Tourillon, Laurence Kerhoas, Professeur Marc Vérin

L'équipe Parkinson du CHU de Rennes : de gauche à droite, Docteur Sophie Drapier, neurologue, Mmes Brigitte Gallien, Stéphanie Lebret, Véronique Tourillon, Laurence Kerhoas, Professeur Marc Vérin

Docteur Stéphanie Bannier, neurologue CH Côte Basque

Docteur Stéphanie Bannier, neurologue CH Côte Basque